Une grande roue de carrier en bois est visible au lieu-dit « La Herse ». Elle servait à hisser jusqu’à la surface du sol les blocs de pierre de taille venant des carrières souterraines. Ces pierres de taille ont servi à construire bon nombre de maisons à Saint-Arnoult et dans ses environs.
Elle aurait plus de 250 ans.Elle est située au bord d’un vieux chemin médiéval, taillé dans le rocher, mentionné dans les vieux titres « chemin de Château-Renault à Montoire ».
A cet endroit, on l’appelle « la Rue Noire », car l’été il est couvert par une véritable tonnelle de verdure.
Plus haut, sur le coteau, on l’appelle « le grand chemin » ; non sans raison, car il est le seul chemin de cette région, tracé sur la carte de Cassini, la première grande carte de France.
Sous l’essieu s’ouvre une sorte de large puits, qui donne accès à la carrière, d’une profondeur d’environ 6,50m. A l’époque de l’utilisation de cette carrière, ce puits était la seule voie d’accès. Les hommes descendaient et remontaient à l’aide de la corde de la roue, en posant les pieds dans les trous aménagés dans le rocher, exactement comme l’on descend dans un puits à eau.
L’entrée actuelle de la carrière est assez récente, elle a été ouverte vers 1930, lorsque celle-ci a été aménagée en champignonnière. C’est pourquoi, aux dires d’anciens habitants de Saint-Arnoult qui, dans leur jeunesse, ont connu les derniers anciens tailleurs de pierre, ceux-ci ne descendaient et ne-remontaient qu’une fois par jour. Ils y travaillaient surtout l’hiver ; ils étaient tâcherons et étaient maîtres de leurs horaires. Ils déjeunaient le midi, assez frugalement, sans doute, à la faible lueur des lampes à huile qui les éclairaient pour leur travail.
Le détachement d’un bloc de pierre était un travail délicat et pénible. Les blocs taillés étaient amenés jusqu’au bas du puits, avec un chariot plat, tiré à bras, et lorsqu’il y en avait un certain nombre, un solide compagnon se mettait à la roue, et une à une, les pierres, étaient hissées.
Sitôt montées, elles étaient amenées en contrebas, sur une sorte de quai, construit sur le côté du chemin, ce qui permettait de les charger sans peine dans les charrettes qui les emmenaient sur les chantiers de construction
Grâce à l’Association ‘Résurgence » qui a nettoyé les lieux et doté cette roue d’une toiture neuve, elle reste le témoin d’une profession disparue de nos régions « Le Carrier-tailleur de pierre ».
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